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مُساهمةموضوع: LES TEXTES DE MÉTHODOLOGIE   الخميس 16 مايو 2013 - 17:55

LES TEXTES DE MÉTHODOLOGIE
Alpha Ousmane BARRY
Chaire de Recherche du Canada en Mondialisation, Citoyenneté et Démocratie
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LES BASES THÉORIQUES EN ANALYSE DU DISCOURS
Alpha Ousmane BARRY
Chercheur associé au GRELIS de l’Université de Franche-Comté (Besançon) et au GRADIP
de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
Introduction
La constitution d’un champ de recherche autonome dont l’objet est le “discours”,
s’inscrit de façon générale dans le cadre de l’évolution des sciences du langage à partir des
années soixante. L’analyse de discours entretient avec la linguistique des rapports complexes
qui sont toujours en situation de redéfinition constante, car il s’agit plus d’un mouvement
scientifique qui se situe à la croisée des chemins, ayant son objet, ses cadres méthodologiques
et ses notions, qu’une discipline circonscrite comme un bloc homogène. En dépit de la
diversité des approches en analyse de discours, des théories et des notions qui y sont
impliquées, toutes les voies convergent vers la définition unique de son objet par GRAWITZ
(1990 : 345) qui soutient que toutes les recherches en ce domaine ‹‹(...) partent néanmoins du
principe que les énoncés ne se présentent pas comme des phrases ou des suites de phrases
mais comme des textes. Or un texte est un mode d’organisation spécifique qu’il faut étudier
comme tel en le rapportant aux conditions dans lesquelles il est produit. Considérer la
structure d’un texte en le rapportant à ses conditions de production, c’est l’envisager comme
discours››.
La question du discours n’est pas énoncée dans le cours de linguistique de Ferdinand
de SAUSSURE qui circonscrit le domaine de la linguistique comme une étude de la langue,
elle-même définie comme un “système de signes”. Sa théorie repose sur une opposition langue
/ parole qui recoupe l’opposition société / individu. La recherche en linguistique s’oriente ainsi
vers l’étude du système de la langue par opposition aux manifestations individuelles de la
parole. La séparation langue / parole présuppose du coup une opposition entre ce qui est social
et ce qui individuel. Par rapport à cette opposition, le discours est le tiers-exclu. La première
mise en cause de l’opposition saussurienne qui réhabilite la parole apparaît en 1909 chez
Charles BALLY, dans son traité de stylistique. Celui-ci expose les principes d’une linguistique
de la parole qui ouvre la voie de la recherche sur la relation entretenue par le sujet parlant, son
discours et le contexte.
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Chez GUILLAUME, on trouve la notion de l’acte de discours, qui tend à apporter plus
de précisions sur la place du sujet parlant ; mais cette théorie ne dépasse pas celle de De
SAUSSURE. C’est chez les formalistes russes, par contre, que se développe à partir de 1915
une recherche sur les structures narratives de la littérature orale et écrite. En 1928, on
découvre, dans La morphologie du conte russe de PROPP, l’ambition de dépasser le principe
de l’immanence pour s’intéresser aux vastes ensembles discursifs que sont les textes, afin de
rendre compte de l’organisation syntaxique et sémantique d’un texte. BENVENISTE qui
effectue des recherches sur l’énonciation et la sémiologie de la langue, en partant de la
philosophie analytique et en particulier de la théorie des actes de parole de l’anglo-saxon
AUSTIN, contribue à introduire dans la linguistique française un thème nouveau, qui
représente aujourd’hui ce qu’on appelle communément l’analyse de discours. Aborder cette
analyse, c'est se confronter à une multitude de questions fondamentales du type :
- Qu'est ce que le discours ?
- Quelles sont les principales approches en analyse de discours ?
- Quel est l’apport de ces outils à notre travail de recherche ?
1.1. Le discours : essai d’une définition
L’instabilité de la notion de discours rend dérisoire toute tentative de donner une
définition précise du discours et de l’analyse de discours. On peut dans ce cas expliquer
pourquoi le terme de discours recouvre plusieurs acceptions selon les chercheurs ; certains en
ont une conception très restreinte, d'autres en font un synonyme de "texte" ou “d'énoncé”. On
peut déjà dire que le discours est une unité linguistique de dimension supérieure à la phrase
(transphrastique), un message pris globalement. Pour L. GUESPIN, c'est ce qui s'oppose à
l'énoncé ; c'est-à-dire que : ‹‹l'énoncé, c'est la suite des phrases émises entre deux blancs
sémantiques, deux arrêts de la communication ; le discours, c'est l'énoncé considéré du point
de vue du mécanisme discursif qui le conditionne›› (1971 : 10).
Le terme de “discours” désigne aussi un ensemble d'énoncés de dimension variable
produits à partir d'une position sociale ou idéologique ; comme c'est le cas par exemple de la
déclaration d'une personnalité politique ou syndicale. Par discours, on envisage aussi la
conversation comme type particulier d'énonciation.
En partant du mode de fonctionnement de l’énonciation, BENVENISTE (1966) oppose
le discours à la langue qui est un ensemble fini relativement stable d'éléments potentiels. C’est
le lieu où s'exerce la créativité et la contextualisation qui confèrent de nouvelles valeurs aux
unités de la langue. Il définit ensuite l'énonciation comme :
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l'acte individuel par lequel un locuteur met en fonctionnement le système de la langue; “la
conversion de la langue en discours”(1970 : 12-13).
Le discours, dira-t-il, est cette manifestation de l’énonciation chaque fois que quelqu’un
parle. Cette définition de Benveniste semble entretenir un lien avec celle que Jean-Michel
ADAM (1989) énonce de la manière suivante : “(…) un discours est un énoncé caractérisable
certes par des propriétés textuelles mais surtout comme un acte de discours accompli dans une
situation (participants, institutions, lieu, temps)”.
1.2. Discours et texte
Si dans un passé récent, le terme de discours ne référait qu’à une production orale, de nos
jours, celui-ci recouvre non seulement le discours oral mais aussi le texte écrit ; c'est-à-dire
qu'il s'applique aux énoncés oraux et écrits. C. FUCHS (1985: 22), qui ne fait pas de
distinction entre texte et discours avance la définition suivante : ‹‹objet concret, produit dans
une situation déterminée sous l'effet d'un réseau complexe de déterminations
extralinguistiques (sociales, idéologiques)››.
Il semble qu'il n'y ait pas de mot plus polysémique que “discours” dans le champ de la
linguistique. En effet, ce terme connaît non seulement des emplois variés mais aussi des
délimitations assez floues. De cette pluralité de définitions, il se dégage chez tous les auteurs
que le discours désigne toute réalisation orale ou écrite par un sujet, de la dimension de la
phrase ou au-delà ( succession de phrases: texte) et ainsi que son contexte. Pour Michel
ARRIVÉ (1986 : 233) : ‹‹le discours peut être conçu comme une extension de la linguistique,
ou comme symptôme d'une difficulté interne de la linguistique (particulièrement dans le
domaine du sens), rendant nécessaire le recours à d'autres disciplines››.
Le discours apparaît donc comme un prolongement de la grammaire textuelle vers une
dimension transphrastique. Dans ce cas, il renvoie à d'autres notions que l'on appelle
“cohérence discursive” ou “cohérence textuelle” dont l'unité d'existence résulte de
l'articulation d'une pluralité de structures transphrastiques, en fonction de conditions de
production particulières.
La grammaire de texte qui étudie la cohérence des énoncés a pour objet le discours
considéré comme une unité totalisante. La naissance d’une linguistique de l’énonciation a
apporté un souffle nouveau dans la façon d’aborder le discours. En effet, avec la prise en
compte des conditions de production, le discours était désormais défini comme toute
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production (verbale et non verbale) d'énoncés accompagnés de leurs circonstances de
production et d'interprétation. C’est à partir de cette période que l’objet de l’analyse de
discours ne consistait plus à rechercher ce que dit le texte, mais la façon dont il le dit.
D’un point de vue pragmatique, le texte est un ensemble culturel qui renvoie à des
données d’origines variées, pas seulement linguistiques. C’est pourquoi le texte tout comme le
discours est, selon une visée pragmatique, défini comme : l'utilisation d'énoncés dans leur
combinaison pour l'accomplissement d'actes sociaux. Le discours remplit trois fonctions :
- une fonction propositionnelle (ce que disent les mots) ;
- une fonction illocutoire (ce que l'on fait par les mots: accuser, ordonner, demander une
information, etc....) ; par l'acte illocutoire, s'instaure une relation, un rapport entre les
interactants ;
- une fonction perlocutoire (le but visé), agir ou chercher à agir sur l'interlocuteur.
On peut déduire de ces définitions que l'analyse de discours consiste à étudier des
conduites communicatives et à rendre compte des combinatoires produites par l'interaction des
contraintes et des choix faits par l’énonciateur. Elle est au coeur des relations qui existent entre
un comportement culturel et des discours sociaux. C'est dans ce cadre que le discours est conçu
par les théoriciens de l'énonciation et de la pragmatique comme un ensemble d’énoncés
considérés dans leur dimension interactive, leur pouvoir d'action sur autrui, leur inscription
dans une situation d'énonciation dont les paramètres sont : l'énonciateur, l'allocutaire, le
moment de l'énonciation et le lieu de l'énonciation. En d'autres termes, toute communication
est une situation qui met en jeu des acteurs sociaux, des positions et des relations entre un
émetteur, un ou plusieurs récepteurs et le contexte externe et interne de la communication.
C’est donc dire que le sens d'un discours n'est pas donné par la langue : il est plutôt découvert
par le destinateur grâce aux multiples points de repères que le destinataire y a placés pour
exprimer ce qu'il veut dire. Selon Dominique MAINGUENEAU (1989: 18) ‹‹tout discours
peut être défini comme un ensemble de stratégies d'un sujet dont le produit sera une
construction caractérisée par des acteurs, des objets, des propriétés, des événements sur
lesquels il s'opère››.
De tout ce qui précède, on peut retenir que la notion de discours n'est donc pas stable.
Ce terme englobe à la fois plusieurs acceptions et une variabilité de discours qui empêchent
toute tentative d’harmonisation des points de vue autour d’une définition unique qui serait
acceptable pour tous les chercheurs. Cette diversité trouve son explication dans le fait que la
linguistique du discours désigne non pas une discipline qui aurait un objet bien circonscrit,
mais plusieurs approches entretenant d’une certaine manière quelques liens spécifiques. Face
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aux difficultés de circonscrire l’objet d’analyse du discours, Dominique MAINGUENEAU
(1996 : 8) avance les raisons suivantes : “Les difficultés que l’on rencontre pour délimiter le
champ de l’analyse de discours viennent pour une part d’une confusion fréquente entre
analyse du discours et ces diverses disciplines du discours (analyse de la conversation,
analyse du discours, théories de l’argumentation, théories de la communication,
sociolinguistique, ethnolinguistique…- la liste n’est pas exhaustive). Chacune étudie ce
discours à travers un point de vue qui lui est propre”.
Avec l’accroissement des terrains d’investigation, toute production verbale ou non
verbale, orale ou écrite peut devenir de nos jours un objet d’analyse du discours. C’est pour
cette raison que la variété des corpus est indissociable de la variété des approches et des
présupposés théoriques. Nous allons tenter de présenter dans les pages qui suivent un parcours
de ce vaste champ d’investigation qu’est l’analyse du discours.
1.3. Les différentes approches en analyse de discours
1.3.1. L'approche énonciative
La tentative de dépasser la limite d'une linguistique de l'énoncé a permis aux chercheurs
de faire appel au concept d'énonciation. L'intérêt porté actuellement à l'énonciation s'explique
par l'extension de l'objet même de la linguistique. En effet, la prise en compte de tous les
phénomènes liés aux conditions de production du discours apparaît comme pertinente pour la
compréhension du fonctionnement de la langue. Lorsqu'on aborde le sens des unités
linguistiques, on est inévitablement amené à les relier à des facteurs extralinguistiques, c'est-àdire
à leur référence comme à leur prise en charge par un énonciateur. La relation “obligée”
des unités en question aux conditions de leur production suppose la prise en compte de la
théorie de l'énonciation, qui d’une autre manière articule le linguistique sur l'extralinguistique ;
c’est-à-dire le discours à ses conditions de production. À l'origine de cette démarche, Émile
BENVENISTE (1966, 1970) qui, dans son travail,
1- avance une définition de l'énonciation : mise en fonctionnement de la langue par un acte
individuel d'utilisation;
2- accompagne cette définition par une théorie générale des indicateurs linguistiques
(pronoms personnels, formes verbales, déictiques spatiaux et temporels, modalisateurs) par
l'intermédiaire desquels le locuteur s'inscrit dans l'énoncé, c'est-à-dire selon BENVENISTE (
1966: 251), des ‹‹actes discrets et chaque fois uniques par lesquels la langue est actualisée par
un locuteur››.
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Pour parler de JE , TU, IL et autres pronoms, l'auteur (à la suite de JAKOBSON) utilise
le terme d’embrayeurs ; il entend par là que les pronoms désignant la personne branchent
l'énoncé à l'instance qui l'énonce ;
a- les pronoms personnels qui désignent les “instances du procès d'énonciation (je/tu ou
nous/vous) opposés à la troisième personne (il/ils) qui désigne le référent dont on parle (la nonpersonne)
;
b- les déterminants qui organisent le monde de l'énoncé autour de l'instance d'énonciation (
mon, ton, son, ce, ....) ;
c- les formes temporelles dont le paradigme est partagé par BENVENISTE en deux systèmes
; les temps du discours où le point de repère qui sert à ancrer les indications temporelles est le
moment d'énonciation (moment où je parle ou écris). Centré sur le présent d'énonciation, le
discours peut comprendre tous les autres temps verbaux dont : le passé composé, le futur
simple, le futur antérieur, le conditionnel, le passé antérieur et le plus-que-parfait. Le temps du
récit par lequel l'ancrage se fait en disjonction avec le présent d'énonciation est centré autour
du passé simple. Le récit comprend : le plus-que-parfait, l'imparfait, le conditionnel, le passé
antérieur et le passé simple. ‹‹Ainsi se trouve établie une distinction entre, d'une part un plan
d'énonciation qui relève du discours, et d’autre part, un plan d’énonciation historique qui
caractérise le récit des événements passés sans aucune intervention du locuteur››
(BENVENISTE, 1966 : 238-239).
BENVENISTE (1966) met en évidence l'existence dans le langage d'un appareil formel
de l'énonciation, qui est l'instrument de passage de la langue au discours. Ainsi, dans l’idée de
l’auteur, il suffirait à un analyste de porter le regard sur l’acte par lequel le discours est produit
pour se rendre compte que le locuteur est le paramètre essentiel dans la mise en
fonctionnement de la langue. En d’autres termes, ‹‹Le locuteur s'approprie l'appareil formel
de la langue et il énonce sa position de locuteur par des indices spécifiques d'une part, et au
moyen de procédés accessoires de l'autre ›› (1970 : 14).
Ainsi l'appareil formel de l'énonciation contient les éléments d'ancrage des relations
intersubjectives. ‹‹Dès qu'il(l’énonciateur) se déclare locuteur et assume la langue, il implante
l'autre en face de lui(...), postule un allocutaire(...). Ce qui, en général, caractérise
l'énonciation est l'accentuation de la relation discursive au partenaire, que celui-ci soit réel ou
imaginé, individuel ou collectif›› (1970 : 14).
Le problème théorique posé par le modèle énonciatif de BENVENISTE a permis à
certains chercheurs de reformuler la notion même d'énonciation et d’affiner le paradigme des
indicateurs linguistiques. Ce qui s'est traduit par un élargissement du domaine d'application de
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l'énonciation. Chez G. KLEIBER (1986), il apparaît que ‹‹ce n'est plus seulement le moment
d'énonciation, l'endroit d'énonciation et les participants (locuteur interlocuteur) à
l'énonciation qui forment le cadre déictique mais également l’objet résidant dans la situation
d'énonciation›› .
En effet, pour KLEIBER ces objets peuvent avoir une présence physique ou mentale,
l'élargissement du cadre déictique sera donc théorisé sous la forme de ce qu'on appelle la
“mémoire discursive” de l'énonciateur et les “savoirs-partagés” entre l'émetteur et le
récepteur ; c’est-à-dire ce qui est déjà là et qui fait partie de savoirs culturels, de connaissances
encyclopédiques ou encore une mémoire collective que partagent les protagonistes de la
communication.
La répartition des temps verbaux en discours et histoire(récit) selon le théorie de
BENVENISTE a fait l'objet de critiques et d'amendement de la part de plusieurs théoriciens de
l’énonciation.. C'est le cas du passé composé qui fonctionne dans le discours comme dans les
récits autobiographiques. André PETIT-JEAN (1987) pense que le passé composé est un
temps à deux visages; il peut être employé discursivement ou historiquement.
Dans le même cadre, KERBRAT ORECCHIONI (1980) propose une autre typologie des
localisateurs temporels et spatiaux. Elle introduit un classement en fonction de la référence au
moment de l'énonciation (To) d'une part, et selon que ces localisateurs traduisent l'opposition
simultanéité / antériorité / postériorité ou qu'ils sont indifférents à cette opposition (neutre).
Une autre thèse de BENVENISTE a été radicalement contestée, celle qui consistait à
envisager la possibilité d'une énonciation “limpide” de type récit caractérisée par l'absence
“d'aucune intervention du locuteur”. Or, dans la mesure où tout énoncé présuppose toujours
quelqu'un qui l'énonce, il devient impossible, selon DUCROT (1972) d'admettre l'existence
d'une histoire au sens de BENVENISTE, sinon comme “l'horizon mythique de certains
discours”. Pour DUCROT (1980, 1984), le récit relève d'une énonciation “mixte” où se
manifeste un phénomène d'interférence entre deux registres, plus visibles dans le domaine de
la sémantique ou de la pragmatique qui ont élargi les indicateurs linguistiques à la présence de
l'émetteur et du récepteur. Même si certains aspects de la théorie de BENVENISTE ont été
remis en cause, celui-ci a eu le mérite d'imprimer un nouvel élan aux recherches, en quittant le
champ de la phrase pour entrer dans le discours.
A la suite de BENVENISTE, CULIOLI soutient que : énoncer, c'est construire un
espace et un temps, orienter, déterminer, établir un réseau de valeurs référentielles, bref un
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système de repérage par rapport à un énonciateur, à un co-énonciateur, à un temps
d'énonciation et à un lieu d'énonciation. Décrire l'activité d'un sujet, c'est analyser les
caractéristiques de cette activité et tous les facteurs qui la contrôlent. Il y a tout d'abord les
énoncés (réalisation de l'activité langagière) qui sont construits à partir d’un système de règles
(grammaire), sur lesquels porte l'analyse linguistique. La construction de ces énoncés
s'effectue dans le cadre d'une situation d'énonciation, entre un énonciateur et un co-énonciateur
(énonciateur potentiel), par lesquels il y a transmission d'un contenu. Le sens d'un énoncé n'est
donc pas définissable sans référence à une situation donnée. C'est cet ancrage dans la situation
d'énonciation qui a permis à CULIOLI de dégager des valeurs référentielles (temps, mode,
aspect, quantification) qui sont des constructions cognitives effectuées par le sujet.
Aux dichotomies langue / parole, performance / compétence dans la théorie de
CHOMSKY, CULIOLI oppose celle de production / reconnaissance, c'est-à-dire ‹‹la faculté
universelle de produire et d'interpréter des textes par des sujets ››(1983 : 83).
Aux notions d'énonciateur et de locuteur, CULIOLI ajoute un troisième terme:
l'asserteur, c'est à dire celui qui, au sens strict, asserte ou prend en charge l'orientation ou le
sens de l'énoncé. Énonciateur, locuteur et asserteur sont issus du monde réel et sont à
distinguer du sujet de l'énoncé (sujet grammatical). En outre, l'énonciateur est l'agent du
processus évoqué, le sujet qui produit ou reconnaît une suite, dans la mesure où il construit les
conditions de production et de reconnaissance. Le locuteur est celui qui parle, celui qui
géographiquement ou vocalement produit.
CULIOLI fonde sa conception de relations intersubjectives en empruntant à
JAKOBSON la théorie des fonctions du langage. Mais il ne prend en compte que deux
fonctions : la fonction émotive (ou expressive) et la fonction conative (orientation du discours
vers l'interlocuteur). La relation émetteur / récepteur se situe chez CULIOLI entre deux
protagonistes engagés dans un processus. Le locuteur part d'une intention de signification
claire et distincte, le travail du récepteur se situe au niveau du décodage (démêler ce qui est
présupposé et ce qui est posé). Le récepteur suit les intentions de référence l’énonciateur, pour
résoudre les ambiguïtés et les indéterminations inhérentes au discours. Lorsqu'un énonciateur
produit un énoncé, il incite le second (co-énonciateur) à établir une relation entre l'énoncé et
l'événement auquel il réfère. L'ajustement des systèmes de repérages entre énonciateurs se
trouve chez CULIOLI au coeur de tout acte de langage et fonde une linguistique de
l'énonciation qui se résume en ces termes : les points d'ancrage que constitue la situation
d'énonciation (sujets énonciateurs, moment d'énonciation, lieu d'énonciation) sont des
systèmes de repérage sur lesquels les énoncés potentiels prennent des valeurs référentielles.
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Après cette présentation rapide de l'approche énonciative, nous sommes à même de dire
que la problématique de l'énonciation évolue vite. Si l’on part de l'attention de BENVENISTE
portée aux déictiques, à la conception de J.J. AUSTIN sur les performatifs; des notions
d'implicite et de présupposition chez DUCROT, aux subjectivèmes dans la théorie de C.
KERBRAT ORECCHIONI (1980) et enfin à la théorie de CULIOLI, la linguistique de
l'énonciation a fait du chemin. Avec l'approche énonciative s’amorce une rupture entre la
linguistique “immanente” qui envisageait les énoncés comme des entités abstraites et la
linguistique du discours où l'étude des énoncés nécessite la prise en compte des réalités
déterminées par leurs conditions contextuelles de production.
L'énonciation tend à se constituer en discipline explicative de la production du discours.
En même temps que le social se réinvestit dans la parole, le sujet parlant se réinstalle au coeur
des énoncés. L'analyste fait appel au concept d’énonciation présenté soit comme le
surgissement du sujet dans l'énoncé, soit comme la relation que le locuteur entretient par le
discours avec l'interlocuteur, soit enfin comme l'attitude du sujet à l'égard de son énoncé pour
observer selon quelles règles s’établissent les rapports énonciateur / énonciataire. La théorie de
l’énonciation ainsi décrite dans ses grandes lignes fournit les bases théoriques nécessaires, qui
vont servir de référence pour l’analyse de la relation entre les protagonistes de la
communication dans le discours politique.
1.3.2. L'approche communicationnelle
Comprendre un discours, saisir l'intention qui s'y exprime, ce n'est pas seulement extraire
ou reconstituer des informations pour les intégrer à ce que l'on connaît déjà. C'est plutôt
identifier la fonction de cette information dans la situation de discours où elle est produite.
Tout discours a des propriétés textuelles puisqu'il s'accomplit dans certaines conditions de
communication. On s'aperçoit alors que tout discours dépend de circonstances de
communication particulières et que chacune de ces circonstances est le produit d'un certain
nombre de composantes qu'il faut inventorier. Dès lors, il est possible d'établir une relation
étroite entre ces composantes et les caractéristiques des discours qui en dépendent.
1.3.2.1. Le schéma de la communication selon JAKOBSON
À l'origine de l'approche communicationnelle ou fonctionnelle se trouve la réflexion
conduite par JAKOBSON (1960) sur le fonctionnement de la communication linguistique.
L'hypothèse de JAKOBSON a consisté à réduire la diversité des échanges sociaux sous la
forme d'un modèle de la communication construit à partir des paramètres présents dans un
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procès de communication : l'émetteur, le destinateur, le contexte, le canal de transmission, le
cade linguistique et le message réalisé. À ces six composantes d'un acte de communication,
JAKOBSON associe six principales fonctions.: la fonction référentielle, la fonction émotive, la
fonction conative, la fonction phatique, la fonction poétique, la fonction métalinguistique.
JAKOBSON précise qu’il serait difficile de trouver des messages qui remplieraient
seulement une de ces fonctions. La diversité des messages réside non dans le monopole de
l’une ou l’autre fonction, mais dans la différence hiérarchique entre celles-ci. La structure
verbale d’un message dépend avant tout de la fonction prédominante.
Avec la montée des travaux des pragmaticiens, des interactionnistes (GOFFMAN,
GUMPERZ, HYMES, BACHMANN...), mais aussi de l'analyse de discours en France, la
configuration de la situation de communication et de ses interactants a été complexifiée et
élargie à une compétence idéologique, culturelle.
La thèse de JAKOBSON a été tout d'abord critiquée au niveau du "code". En effet, dans
les langues naturelles, il n’y a pas toujours un ensemble de règles de correspondance stables et
biunivoques entre le signifiant et le signifié. Les deux principes d'enrichissement apportés à la
théorie de JAKOBSON par Catherine KERBRAT se situent au niveau des deux sphères de
l'émetteur et du récepteur, auxquelles cette auteure associe aux côtés des compétences
strictement linguistiques (et paralinguistiques):
- les déterminations psychologiques et psychanalytiques qui jouent un rôle important
dans les opérations d'encodage / décodage ;
- les compétences culturelles (ou encyclopédiques) qui englobent l'ensemble des savoirs
implicites que l’émetteur et le récepteur possèdent sur le monde et l'ensemble des systèmes
d'interprétation et d'évaluation de l'univers référentiel (compétence idéologique). Ces deux
types de compétences entretiennent avec la compétence linguistique des relations très étroites,
pas toujours faciles à définir et dont la spécificité accentue les divergences entre les variétés
des usages. Le modèle de la communication verbale proposé par C. KERBRAT accorde une
place aux autres compétences sur lesquelles se greffe la compétence linguistique, ainsi qu’aux
différents facteurs qui médiatisent la relation langue/parole. Cet amendement apporte des
aménagements positifs qui font apparaître certaines propriétés caractéristiques de la
communication verbale qui n’est pas conçue comme une “transmission de l'information”, mais
comme une mise en fonctionnement de savoirs et de comportements.
1.3.2.2. La compétence communicative chez HYMES
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Conçue en termes d'aptitudes du sujet parlant à prédire et à interpréter des énoncés, la
notion de “compétence” vient de la théorie compétence/performance de CHOMSKY. Partant
de l'idée selon laquelle les aptitudes du sujet parlant ne se réduisent pas à la seule connaissance
de la langue, HYMES (1982) a élaboré une théorie de la “compétence communicative”, que
l'on peut définir comme l'ensemble des aptitudes permettant au sujet parlant de communiquer
efficacement dans des situations spécifiques. La conception communicative de la compétence
que développe HYMES s'oppose au générativisme chomskien qui est jugé maintenant
restrictif. En effet, ce qui pose problème chez CHOMSKY, ce n'est pas la possibilité de
produire une infinité de phrases grammaticales cohérentes, mais la possibilité d'utiliser de
manière cohérente et adaptée, une infinité de phrases dans un nombre infini de situations. La
maîtrise pratique de la grammaire n'est rien sans la maîtrise des conditions d'utilisation
adéquate des possibilités offertes par la grammaire.
La compétence étant l'ensemble des moyens verbaux et non verbaux mis en oeuvre pour
assurer la réussite de la communication verbale, son acquisition nécessite non seulement la
maîtrise du matériel para-verbal et non-verbal, mais aussi des règles d'appropriation
contextuelle des énoncés produits. La compétence communicative inclut par exemple
l'ensemble des règles conversationnelles qui régissent l'alternance des tours de parole. Il s'agit
des règles ou contraintes rituelles que les interactants sont censés connaître et respecter et qui
viennent s'ajouter aux contraintes linguistiques proprement dites.
Le système communicatif comprend les “contraintes sociales” et les “règles
linguistiques” ; c'est un dispositif complexe d'aptitudes dans lequel les savoirs linguistiques et
les savoirs socioculturels constituent un tout. C'est ce qui fait de la communication langagière
le résultat de l'adéquation réussie d'un ensemble de compétences.
La théorie de la compétence communicative présente deux particularités par rapport à
celle de la compétence/performance chez CHOMSKY. La compétence communicative est
adaptable ou modifiable sous l'effet du contexte interlocutif (au contact de celle du partenaire).
Les interactants disposent nécessairement, selon HYMES, de compétences partiellement
hétérogènes. C'est au cours du déroulement de la conversation que certaines disparités initiales
se neutralisent, c'est-à-dire que les interactants construisent au fur et à mesure leur compétence
conversationnelle, dans la mesure où les partenaires négocient et ajustent en permanence leurs
conceptions respectives des normes conversationnelles. Pour HYMES, communiquer, c'est
mettre en commun ce qui ne l'est pas d'emblée. En d'autres termes, ce sont les variétés des
usages (hétérogénéité des répertoires marqués) qui sont en relation d'interaction : similitude
des répertoires linguistiques, savoirs partagés, normes....
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Chez CHOMSKY le locuteur-auditeur est idéal, il appartient à une communauté
homogène, alors que HYMES (1982) insiste quant à lui sur la diversité des compétences, d'une
communauté à l'autre, mais aussi à l'intérieur d'une même communauté pour un même sujet
parlant. La communauté linguistique apparaît ainsi comme hétérogène. En effet, on peut
observer des variations aussi bien au niveau des individus à l’intérieur d’une même
communauté, qu’au niveau d’une même communauté ou d’une communauté à une autre.
1.3.3. L'approche conversationnelle
L'épanouissement de la sociolinguistique a tracé le chemin au langage considéré comme
une activité d'interaction sociale. C’est de cette conception que se réclame l’analyse
conversationnelle qui a vu le jour aux États-Unis. La naissance de l’analyse conversationnelle
découle de la convergence de trois grands courants de recherche : l'interactionnisme
symbolique, l'ethnographie de la communication et l'ethnométhodologie.
1.3.3.1.L'interactionnisme symbolique
L’interactionnisme symbolique est définit par MEAD comme l'étude des échanges
individuels en tant que comportement symbolique qui résulte d'un processus social
d'interaction. Ce courant né dans les années quatre-vingts est à l'origine de tout un ensemble de
travaux microsociologiques qui traitent des mécanismes de l'interaction au cours desquels se
construise, se négocie et se modifie la réalité sociale. Selon BACHMANN et al.(1981), cité par
Rodolphe GHIGLIONE (1991 : 18) ‹‹les événements sociaux ne sont pas considérés comme
des produits extérieurs aux pratiques sociales, mais comme des procès que les acteurs
accomplissent quotidiennement››.
Il en découle que des relations d'interaction de toutes sortes s'établissent entre les
hommes qui vivent leur quotidien parmi leurs semblables. Les concepts “d’interaction ” et de
“quotidien” conduisent la réflexion de GOFFMAN (1974) vers une analyse des conversations
quotidiennes qui, selon lui, obéissent au principe du respect de la face. Ce principe est régi par
un ensemble de conventions et de règles auxquelles a recours chaque locuteur, tout au long
d'une interaction particulière au cours de laquelle il tente, à travers des comportements
langagiers, de préserver sa face, son image sociale et aussi de protéger celle de son (ou de ses)
partenaire(s). GOFFMAN (1974 : 21) conclut que : “La face est donc un objet sacré, et il
s’ensuit que l’ordre expressif nécessaire à sa préservation et un ordre rituel”.
GOFFMAN identifie une structure des échanges conversationnels selon deux modes : les
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échanges confirmatifs et les échanges réparateurs. Les échanges confirmatifs renvoient aux
séquences d'ouverture et de clôture de l'interaction qui présentent une structure simple de type
binaire (comme les salutations). Quant aux échanges réparateurs, ils permettent aux
interlocuteurs de rétablir l'équilibre interactionnel, de poursuivre leur chemin, sinon avec la
satisfaction de voir l'incident clos, du moins avec le droit d'agir comme s'il était clos et
l'équilibre rituel restauré. Chaque conversation peut être décomposée selon GOFFMAN en une
série de mouvements où la proposition représente l'élément initial qui provoque une réaction
de l'interlocuteur. L'analyse conversationnelle de GOFFMAN a une vocation sociologique
dans la description des rituels conversationnels qui structurent les échanges quotidiens.
1.3.3.2 l'ethnographie de la communication
Ce courant de pensée s'intéresse plus particulièrement aux relations entre le langage et
ses contextes sociaux d'utilisation. En plus de la notion de compétence linguistique chère à
CHOMSKY, HYMES ajoute la compétence communicative, qui permet à un locuteur de
produire des énoncés adaptés aux contextes sociaux. L'ethnographie de la communication
envisage la nécessité d'utiliser deux types de compétences : la compétence qui permet de
produire des phrases grammaticalement correctes et celle qui permet de produire des phrases
socialement correctes. Cette dernière s'opère en fonction de quatre dimensions:
-la compétence linguistique dont dispose un locuteur donné appartenant à une
“communauté donnée de parole”;
-“les types” discursifs plus ou moins codifiés (comme les débats, les interviews, les
chansons...) ;
-les règles d'interprétation permettant de conférer une valeur communicative donnée à
des items linguistiques dans un contexte social déterminé,
-les normes qui structurent les interactions.
Toute approche du discours présuppose une certaine procédure qui prend en compte
aussi bien l'analyse du dire que du contexte du dire. HYMES (1984) propose à cet effet une
grille d'analyse des situations de communication dont les catégories sont les suivantes :
- le cadre de l'interaction communicative qui intègre les paramètres spatio-temporels,
c’est-à-dire l’ambiance psychologique dans laquelle se déroule la conversation; les participants
(toutes les personnes actives ou passives présentes lors de l'interaction, définies dans leur rôle),
leurs relations, etc. ;
- la finalité, c'est-à-dire le but même de l'activité de parole et le canal (qui est le moyen
mis en oeuvre pour communiquer ), celui-ci peut être oral ou écrit; direct ou non ;
- les normes d'interaction, celles qui permettent de gérer l'interaction hors des normes
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linguistiques (comportements spatiaux, gestualité, para-verbal...) ;
- les règles d'interprétation qui permettent de donner du sens aux comportements
communicatifs par rapport aux contextes d'éffectuation.
1.3.3.3. L'ethnométhodologie des conversations quotidiennes
Les fondements de ce courant de pensée portent sur le sujet social, créateur de l'acte
communicatif de la réalité sociale quotidienne, à travers ses savoirs, ses représentations et ses
stratégies discursives pour atteindre certains buts. La recherche ne porte pas sur un acte de
langage pris isolément, mais sur les suites interactionnelles à travers les compétences mises en
oeuvre dans la perspective d'un processus d'accomplissement des activités conversationnelles
concertées qui s’établissent entre les membres d'une société dans la vie quotidienne. Les
interactions sont conçues comme des activités de la vie courante qui s'accomplissent au sein de
la société.
HERITAGE (1984) définit quatre postulats et des choix méthodologiques, en partant de
l'hypothèse selon laquelle l'organisation et l'action sociales sont analysables en termes
d'organisations structurelles déterminées par des conventions et des institutions. Ainsi,
l'interaction est conçue comme une mise en scène entre des interlocuteurs qui obéissent au
principe d'une causalité circulaire : les comportements de l'un agissent sur ceux de l'autre et
réciproquement. C’est à travers cette relation coordonnée des deux pôles d’une conversation
qu’un sujet parlant met en oeuvre, dans le jeu interlocutoire, une procédure interactionnelle
déterminée par des rôles préalablement établis et des règles précises dont l'application relève
de la compétence communicative des interlocuteurs. Les quatre postulats définis par
HERITAGE sont les suivants:
1) l'interaction est structurellement organisée ;
2) les contributions des intervenants sont orientées en fonction du contexte;
3) le détail de l'interaction est régi par ces deux procédés;
4) c'est par l'analyse des données naturelles que l'on peut le mieux appréhender les
interactions.
A titre d'exemple de travaux en ethnométhodologie, on peut citer ceux effectués par
SCHEGLOFF et SACKS (1973 et 1974) à propos des procédures d'ouverture et de fermeture
des conversations ou encore ceux concernant l'organisation générale des conversations. Dans
ces travaux, les procédures d’ouverture et de fermeture s'effectuent chacune en deux étapes:
- la procédure d'ouverture : elle comprend une première étape d'ouverture composée par
une paire adjacente d'énoncés de type salutation ou appel/réponse dans une conversation
Lséquence composée
des deux unités où la première conE
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